Kosovo – Macédoine – Grèce

Plusieurs mois sont passés, depuis la publication de mon dernier article. Et c’est à travers notre action solidaire au Kosovo (« un rêve de chèvres »), que vous avez pu entr’apercevoir la suite de nos aventures. Une petite action, dont le but était de récolter 1500€ pour qu’une famille au Kosovo puisse obtenir un troupeau de chèvre, un suivit, une formation, pour sortir de la misère. Je vous invite à cliquer sur ce lien https://oukelai.wordpress.com/2016/12/01/un-reve-de-chevres/ qui vous redirigera vers le premier article de « ce rêve ».

Ce projet terminée, je reprends l’écriture pour vous conter notre voyage. Un chapitre s’est clôt mais l’histoire se poursuit.

Du 6 novembre au 10 décembre.

Chapitre 1 : Kosovo, la fin !

Il me faut tout d’abord, conclure notre séjour au Kosovo. En arrivant là-bas, nous avions prévu d’y rester 10 jours, et finalement nous y sommes restées 6 semaines.

Nous avons rencontré de nouvelles personnes, de nouvelles familles qui nous ont adoptées. Leur gentillesse, leur simplicité, et leur générosité, ont été de véritables leçons de vie.

 

Au Kosovo, nous avons aussi travaillé dans des bureaux à Pristina (capitale du Kosovo).

Je me souviens du premier jour, dans ces bureaux, et du mal de tête à la fin de la journée. J’avais perdu l’habitude de réfléchir enfermée entre quatre murs.

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En quelques semaines une routine s’installait déjà. La semaine au travaille à Pristina, le weekend en repos à Biqec. 1h30 de trajet entre les deux, 3 bus différents, et quelques mésaventures.

Comme la fois où je ne me suis pas dépêchée pour sortir du bus, me retrouvant alors coincée par les nouveaux voyageurs qui montaient dans le bus, alors que celui-ci repartait !

Ou encore la fois, où au moment de changer de bus, j’ai oublié des photos dans le premier, s’ensuivit une course poursuite pour trouver quelqu’un qui parlait anglais, lui expliquer la situation. Et que celui-ci ait la gentillesse de nous aider dans nos mésaventures, pour : appeler la compagnie de bus, faire un aller-retour en taxi jusqu’au terminus des bus (pour rien), puis revenir et attendre qu’un employé de la compagnie nous apporte les photos. Et tout ça avant que notre correspondance ne parte. L’histoire se termine plutôt bien, on retrouve les photos, on attrape notre 2ème bus avec notre nouvel ami qui voyage dans la même direction, et on se fait offrir un repas en attendant le 3ème bus !

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Au Kosovo nous avons aussi vécu quelques moments inconfortables, dû à la rencontre entre deux cultures différentes. Nous avons pu échanger avec des jeunes, surprise par la différence ; des visions de vie et des projections dans le future, entre des jeunes de deux éducations religieuses différentes. Il y a eu les tabous qu’on osait parfois questionner. Il nous a aussi fallu développer des stratégies lors des « cérémonies de thé » pour refuser poliment. Participer, délicatement, aux frais concernant notre séjour dans les familles, en déposant quelques courses sur la table de la cuisine (quand la maman avait le dos tourné). Et il y a eu aussi toutes les fois où nous aurions voulu refuser les sodas trop sucrés, les cafés, les biscuits apéros à l’heure du thé, mais nous n’avons pas osé.

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Depuis le début de ce voyage ma plus grosse difficulté a été le jour du départ, devoir dire au revoir. Quitter le France, ma famille, mes amis. Quitter les paysages que j’aime, ma région, ma maison.

Mais l’appel de la route a été plus puissant. Depuis, la richesse de toutes les rencontres, le plaisir de partager un moment, d’échanger un sourire, l’émerveillement face à tous ces paysages que nous avons traversés, n’ont fait que confirmer le choix que j’ai fait. Partir. Avancer.

Quitter le Kosovo a été difficile. Nous y laissions non pas une, mais deux familles adoptives. J’ai même hésité, un instant, partir ou rester ?

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Du 10 décembre au 16 décembre.

Chapitre 2 : L’appel de la route.

Nous reprenons la route le samedi 3 décembre, départ initialement prévu à 11h, nous repoussons un peu l’échéance. Notre excuse, la route gelée, et son effrayante descente. Mais après un dernier repas, c’est en pleurs, que nous quittons cette chaleureuse famille. Le soleil nous accompagne jusqu’en Macédoine, sa chaleur réchauffe nos corps, et le bonheur de reprendre la route apaise la tristesse de nos âmes. Mais un pincement au cœur perdura pendant quelques jours.

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Quelques kilomètres et nous franchissons une nouvelle frontière, la Macédoine. Nous pédalons jusqu’à Skopje, la capitale, où nous passons la nuit dans une auberge de jeunesse. Skopje est une drôle de ville. Beaucoup de lumières, beaucoup de statues, beaucoup de bâtiments neufs, dont l’architecture semble copier des bâtiments historiques, d’inspiration … grecque ?! Nous visitons la ville de nuit, nous arrivons sur une place, où un écran géant projette des publicités sur une musique de noël. Il ne manque plus qu’une patinoire en son centre, et je m’imagine dans une comédie romantique américaine, le genre de film qui passe sur M6 pendant les fêtes de fin d’année !

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Nous nous couchons tôt ce soir-là, car demain réveille à 5h, pour prendre un train. Nous avons choisis de traverser rapidement la Macédoine. Les températures hivernales nous effraient, et dormir en tente alors qu’il gèle la nuit n’est même pas envisagé, nos sacs de couchage n’étant pas prévu pour des températures au-dessous de 3°. Un train nous emportera donc, nous et nos vélos dans ses wagons, sur 150kms, jusqu’au village de Guevgueliya, frontière avec la Grèce, est ses températures plus clémentes.

La gare de Skopje a 3 quais en hauteur par rapport à la route, dont 2 avec ascenseurs. Je vous laisse deviner quel quai le destin a choisi de nous faire éprouver. Décharger nos vélos à 5h30 dans le froid d’une gare de Macédoine, pour porter nos bagages sur deux étages jusqu’au quai, puis les vélos, puis recharger, et re-décharger lorsque le train est arrivé, car il y avait deux marches pour grimper dans le wagon, et des portes trop petites. L’ensemble fut une sacrée épreuve.

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Dans le train nous affrontons le froid, pas de chauffage. Nous terminons également une des vidéos de notre action solidaire au Kosovo. C’est la première fois que je travaille en voyageant, en dehors de l’écriture de ce blog, et on s’apercevra qu’il est parfois difficile de tenir nos deadlines ! Voyager, n’est pas synonyme de vacances reposantes, le temps libre nous manque.

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Arrivées à Guevgeuliya, terminus du train, il nous reste quelques kms avant la frontière Grecque. Nous descendons et cherchons la bonne direction. Googlemaps indique une frontière à 5km, Garmin à 20km. Qui croire ?

Nous demandons la direction à un homme qui nous propose de nous accompagner, à vélo, jusqu’à la frontière. Au bout de quelques minutes nous ralentissons, ce dernier prend la direction de l’autoroute. « No worries. It’s ok, bike ok ! » What !!! Et c’est avec nos 3 petits vélos, dont deux lourdement chargés, que nous pédalons pour la première fois sur l’autoroute. Peu de voiture, mais quelques-unes nous doublant à plus de 100kms/h. Nous ne sommes pas vraiment rassurées, malgré la largeur de la bande d’arrêt d’urgence. Personnes ne nous klaxonnent, et les douaniers à la frontière ne semblent pas choqués de nous trouver là. Mais arrivées en Grèce, dès la première sortie, nous nous empressons de quitter l’autoroute.

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Chapitre 3 : La Grèce !

Aujourd’hui, je vous raconte des évènements qui se sont déroulés il y a deux mois en arrière, à notre arrivée en Grèce. Mais j’avais envie de commencer ce chapitre en vous livrant mon regard, mon ressenti.

Tout d’abord, la langue. Si nous avons facilement appris quelques phrases en albanais pendant nos 6 semaines au Kosovo, le grec est une langue difficile. Depuis notre arrivée nous n’avons retenu que quelques mots de grec, et nous sommes toujours incapables de déchiffrer leur alphabet.

En Grèce nous avons retrouvé une culture plus européenne. Des restes de l’empire Ottoman, des traces de la culture turque, mais une éducation majoritairement Orthodoxe, nous demandant moins d’adaptation.

En Grèce nous ressentons la crise. Après avoir traversé la pauvreté des Balkans, le visage de la Grèce est celui d’un ancien empire qui a chu ! Mais encore une fois, c’est l’humain qui me surprend et me donne espoir et foi en l’avenir. J’ai été touchée par la solidarité des Grecs. Peut-être que notre route, nous a amené à rencontrer les bonnes personnes. Mais je m’interroge ? Serions-nous capable en France, de mettre en place un cinquantaine de centre de santé solidaire, ou autres lieux d’accueil autogéré, dans lesquels travailleraient bénévolement des professionnels, alors même que ceux-ci subissent une réduction de la moitié de leur salaire, voire même plus. Que comprendre de cette crise ? Qui en sont les responsables ? Les banques ? L’Europe ? Et quel avenir pour la Grèce ? Je vous invite si vous avec un peu de temps à regarder le documentaire de Yannis Youlountas.

En Grèce, malgré la crise, nous avons rencontré la générosité. Un couple nous a ouvert sa porte, alors que nous allions passer la nuit dehors, dans un petit parc devant leur maison. Ils nous ont même emmenées à une célébration orthodoxe où nous avons mangé des marrons grillés, et bu du vin chaud.

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Le lendemain c’est un hôtelier qui nous a ouvert la porte de son restaurant, pour passer la soirée au chaud avant d’aller dormir dans la tente. Il nous a même invitées à faire cuire nos pâtes dans la cuisine de son restaurant, sous le regard bienveillant de la cheffe, qui nous a rapidement pris la spatule des mains.

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Notre dernière nuit en tente pour l’année 2016. Devant le restaurant, dans la ville de Nea Agathoupoli. Et première nuit sur la plage, face à la mer Egée.

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Le lendemain à Litochoro, nous avons retrouvé Jamie, notre ami cyclotouriste écossais, avec qui nous avions voyagé sur les routes du Kosovo.

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Petite anecdote en chemin. Depuis que nous sommes arrivées en Grèce, nous avons rajouté des équipements à nos vélos. Bâton et cailloux se glissent entre nos sacoches. Ainsi parées sur nos fidèles destriers, nous sommes prêtes à nous défendre contre les attaques de chiens. Plusieurs fois nous nous sommes retrouvées à être coursées par 1, 2, 3 … 6 chiens. On ne fait alors pas les fières. Une fois un chien a même réussi à agripper l’une des sangles de mes sacoches. Plus de peur que de mal, il a été très surpris, et moi de même, par l’autorité dans ma voix, lui ordonnant de lâcher !

Un après-midi, alors que nous nous enfonçons dans la campagne grecque, tournant le dos à la mer Egée, un homme nous interpelle. En train de ramasser les dernières olives avec son ami, il nous propose de nous arrêter le temps d’un café. Il parle français, et possède une petite maison à la campagne, et quelques oliviers grâce auxquels il produit plusieurs dizaine d’huile d’olive bio pour sa propre consommation. L’heure se rapprochant du moment où le soleil se couche, nous lui demandons l’hospitalité. Il accepte de nous laisser dormir dans sa maison de campagne (eau froide, pas d’électricité, ni de chauffage, mais deux lit dans une petite pièce à l’abri des températures hivernales… que demander de plus) en échange nous lui offrons bien volontiers notre aide pour terminer la cueillette.

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Le lendemain, nous arrivons dans la ville de Larissa, où nous nous arrêtons dans un café face à la gare. La journée a été éprouvante. Une cinquantaine de kilomètre, une montée difficile dans des graviers, une descente qui a fini d’achever les patins de mes freins, toujours dans les même graviers, et une arrivée compliquée dans la ville car essentiellement desservies par des voies rapides et autoroute interdites au vélo. Mais aujourd’hui c’est aussi notre dernier jour de vélo, de l’année 2016. Nous sommes attendues à Athènes le lendemain, pour passer le weekend entre français. Cette nuit nous allons prendre un train, vers 2h du matin, qui nous portera sur les 350 derniers kms pour atteindre Athènes.

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Ayant pris beaucoup de retard dans l’écriture de ce blog, je posterais au plus vite un nouvel article pour vous raconter nos aventures à Athènes !

See you soon!

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